
"Le communautarisme est à la mode. Matthieu Grimpret épouse la vague et consacre 266 pages au vote des fidèles des différentes confessions. Dieu est dans l'isoloir part d'un constat péremptoire : les communautés "sont déjà des repères mille fois plus efficaces que la nation". Existe-t-il en France des "communautés" structurées autour de l'appartenance religieuse ? Si oui, les croyants votent-ils selon leur foi ? L'auteur ne répond pas véritablement à ces questions et préfère enquêter sur le discours politique des différents responsables religieux. Au passage, on apprend en vrac que Boubakeur est amateur de Barrès et de Maurras, que "les paroissiens bretons n'ont pas toujours les mêmes préoccupations que les mères de famille BCBG de Versailles", que "les juifs se répartiront entre Ségolène Royal - par réflexe - et Nicolas Sarkozy, avec un avantage peut-être substantiel pour ce dernier". Quant aux catholiques, ils "se répartiront certainement entre François Bayrou, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et le candidat chiraquien. A la marge, Philippe de Villiers pourrait attirer les plus conservateurs".
De formules jargonnantes en pronostics peu risqués, on referme l'ouvrage étonné par le brio de l'auteur et la minceur de ses conclusions.
Qui pourra dire cependant que Matthieu Grimpret ne comprend rien à la politique ? Certainement pas Nicolas Sarkozy en tout cas qui appréciera l'éloge appuyé de l'auteur à sa vision communautariste. En chantre de ce qu'il appelle la "via sarkozya", l'auteur mise sur "le candidat le plus en phase avec les réalités nouvelles", le seul à avoir saisi que "les Français ont changé" et qui "devrait être LE candidat des musulmans".
Autant d'arguments d'autorité flatteront le futur Président de la République qui, espérons-le, saura récompenser l'auteur comme il se doit par une soupente place Beauvau, au bureau des Cultes. Quand vous serez à l'Elysée, Monsieur Sarkozy, souvenez-vous du talentueux Matthieu Grimpret !"
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